4 NOVEMBRE 2007
Bonsoir, je me présente, Sylvain De Smet, je suis conseiller municipal de Mériel, membre du Conseil National des Verts. Je tiens à apporter ma contribution au débat su A16.
Les Verts du Val d’Oise et de la région ont voulu ce débat public sur le prolongement ou non de l’autoroute 16. Le groupe des élus Verts du Conseil régional a été particulièrement actif pour proposer au sein de l’Assemblée régionale la demande de débat public adressée par les associations du Collectif Plaine de France Ouest. Les Verts sont fiers du vote obtenu à l’unanimité du Conseil régional de la délibération du 16 mars 2006 et de la décision prise par la CNDP le 7 juin 2006 d’organiser ce débat public. Les Verts rappellent que dans le projet du Schéma directeur d’aménagement de l’Ile de France, adopté le 15 février 2007, le prolongement de l’A 16 n’a pas reçu l’adhésion du Conseil régional
L’histoire se répète, il n’y a pas si longtemps, j’intervenais sur l’opportunité, ou pas, de prolonger la francilienne. Quand commença le débat public, on pouvait craindre en entendant les déclarations des uns et des autres, que le débat se cantonnerait à choisir entre un trajet plutôt qu’un autre. Au fil des semaines, ils furent de moins en moins nombreux, associatifs, acteurs politiques, habitants, à dire "oui à la francilienne, mais chez les autres" et de plus en plus ils nous rejoignirent quant à l’absurdité du projet face aux enjeux, même si en fin de cause le gouvernement préféra prolonger la francilienne.
Mais revenons à l’opportunité de ce projet :
Le réchauffement climatique n’est plus à démontrer. Les gaz à effet de serre dus aux transports représentent aujourd’hui plus d’un tiers du total émis dans l’atmosphère. Les réduire est donc une priorité absolue. Ici même, nous en connaissons d’ailleurs le début des effets, période de sécheresse, canicule, et des périodes de pluie plus abondantes, ceci engendrant des inondations. Le tout va s’accélérer si rien n’est fait.
Les Verts ont l’habitude de dire "penser global, agir local", et là nous sommes au coeur de cette problématique. Ce n’est pas pour rien que les "Verts Ile de France" sont contre les projets de prolongement d’autoroute, car c’est bel et bien d’une relance de l’état du tout à la route dans notre région qui est lancé, à l’encontre de toute logique, et contre également le choix des électeurs qui ont reconduit aux dernières élections régionales une majorité de gauche pour y bâtir une écorégion. Pour rappel le budget transport en Ile de France est utilisé à 80% pour les transports en commun, et pour 20% à la route. Du temps de la majorité de droite, c’était le contraire.
Comment ceux qui relancent ces projets peuvent-ils se regarder dans une glace ? Comment peuvent-ils continuer une politique menée depuis 40 ans, qui nous amène à une telle pollution de l’air, qui mêlée à celle du transport aérien et aux incinérateurs met en péril la santé de ses habitants ? Comment accepter les pics de pollution et de s’entendre dire : Attention aujourd’hui ne sortez pas les enfants, ne faites pas de sport, les personnes âgées, les personnes fragiles doivent rester chez elles...
Et le bruit ? Comment ne pas croire que ce n’est pas une réelle nuisance, avec des effets sur la santé.
Il ne faut pas se cacher la face, budgétairement, on ne pourra pas tout faire à la fois, alors engageons nous dans une politique de grands travaux permettant du ferroutage, la revalorisation de la voie d’eau et l’indispensable développement de nouveaux transports en commun plus transversaux.
C’est là qu’est le vrai débat, ce n’est pas d’imaginer reconduire les erreurs du passé, mais bien de répondre aux exigences de la vie. Les politiques sous-estiment la capacité de la population à changer ses habitudes et donc à emprunter les transports en commun, dès lors que les efforts pour améliorer les infrastructures sont réalisés, que les transports sont plus surs, plus fréquents, plus confortables et bon marché.
Déjà, nombreux sont ceux et celles qui prendraient bien les transports en commun mais qui faute d’une vraie politique dans ce sens, sont obligés de prendre leur voiture. Mais demain, combien seront-ils, avec la crise pétrolière qui s’annonce, avec la raréfaction des sources d’énergie fossiles et les crises internationales ? Dans le secteur, il y a des familles qui sont donc obligés d’avoir plusieurs véhicules. Mais ils ne peuvent pas faire autrement pour aller travailler et étudier, rien ne sert de les culpabiliser.
Mais revenons au pétrole, quand le prix à la pompe sera de 3 ou 4 euros, comment feront-ils ? Il n’est jamais trop tard pour prendre de bonnes décisions.
Parallèlement à ce débat il y a 2 moments forts en ce moment :
Premièrement il y l’enjeu d’un nouveau schéma directeur de l’Ile de France :
Le Schéma directeur de l’Ile de France représente un enjeu important pour chacune et chacun d’entre nous, car il va orienter l’avenir de notre région pour les 20 prochaines années et aura des conséquences majeures pour notre vie quotidienne. J’en profite pour dire que l’enquête publique se déroule du 15 octobre au 8 décembre 2007.
Quel choix a fait la région en ce que nous concerne, c’est simple :
Elle a fait le choix des transports en commun face à la vision dépassée du « tout routier » qui ne feraient qu’aggraver à terme les problèmes de la région et accroître sa dépendance à l’automobile. L’organisation des transports doit être en effet cohérente avec le schéma d’organisation de l’espace et veiller à assurer l’accessibilité aux services et aux emplois à toutes les catégories de population par des modes doux ou des transports collectifs adaptés.
Deuxièmement il y a le Grenelle de l’environnement : L’Alliance pour la planète, j’imagine que tout le monde en a entendu parler, c’est une structure fonctionnant en réseau, qui compte désormais près de 80 associations membres : les organisations internationales, les grands collectifs, les ONG expertes ainsi que de nombreuses associations locales et régionales.
Ce que demande l’Alliance pour la planète. Un moratoire sur les projets autoroutiers.
La proposition d’un moratoire sur les projets autoroutiers figure d’ailleurs dans la synthèse rédigée par l’ensemble des collèges du groupe de travail n°1 (Climat/Énergie). C’est notamment le collège employeurs, Medef et Confédération générale des PME en tête, qui s’oppose fortement à cette mesure considérant que « croissance » et « construction d’autoroutes sont étroitement imbriquées.
La réponse de l’Alliance pour la planète : « L’Alliance pour la planète considère au contraire qu’autoroute est synonyme de croissance du trafic routier et donc….des émissions de CO2 ! Par ailleurs, les infrastructures autoroutières accaparent des ressources financières qui pourraient être utilisées autrement. 10 km d’autoroutes en rase campagne représentent environ 70 millions d’euros, soit le budget annuel de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). C’est pourquoi une décision gouvernementale de moratoire sur les projets autoroutiers doit être prise avant la fin de l’année dans le cadre d’un prochain Comité interministériel d’aménagement et de compétitivité des territoires ».
Ni dupes ni soumis, Les Verts savent les embûches sur lesquelles pourrait se fracasser le Grenelle. Mais ils ont fait part de propositions d’urgence qui vont dans le même sens ! Moins de camions, moins de voitures, moins de CO2 ! Les transports, sont de gros émetteurs de gaz à effet de serre, responsables du changement climatique.
Pour réduire notre dépendance au pétrole, pour protéger la qualité de l’air, pour lutter contre le changement climatique, la seule option réaliste, c’est la réduction du transport par route.
C’est un programme pluriannuel d’investissement massif pour le fret ferroviaire et fluvial, financé par une pollu-taxe sur les poids lourds et le transfert des budgets prévus en faveur des projets autoroutiers.
Et malheureusement, au risque de jeter un froid à ceux qui vont me lire, ce n’est pas de ça que l’on parle dans ce débat.
Merci de m’avoir lu.
Sylvain De Smet, conseiller municipal de Mériel, membre du Conseil National des Verts.
Répondre à cet article